Reprise des cours et protocole sanitaire

Bonjour à tous,
En ce début de saison d’aïkido, je vous transmet le protocole sanitaire que nous avons établit, à la demande de la mairie. Merci de bien vouloir en prendre connaissance.
Ce jour, la mairie nous a appris que les vestiaires étaient accessibles, vous n’êtes donc pas obligé de venir en tenue. Pour ceux que le souhaitent, les douches peuvent également être utilisées.
En ce qui concerne votre licence, je vous invite à vous adresser à la fin du cours aux membres du bureau présents ou à l’enseignant.
Pour rappel, voici les horaires des cours :
– cours enfants, le mercredi de 14h à 15h, premier cours le 16 septembre
– cours adolescents, le mercredi de 15h à 16h, premier cours le 16 septembre
– cours ado/adultes, le lundi de 20h15 à 21h45, premier cours le 14 septembre
et le jeudi de 20h à 22h, premier cours cette semaine, le 10 septembre
 
Dans l’attente de vous retrouver sur les tatamis,
Bonne journée à tous,
Noémie Métayer,
Présidente du club APORA
Compte tenu de la situation sanitaire le protocole à observer dans le dojo est disponible ici : Protocole sanitaire

Stages d’Aikiken et Aikijo les 6/7 et 20/21 juin 2020

Stages d’armes au Kobayashi Ryu Hombu Dojo

Chers adhérents de 3AKH,

Suite aux annonces gouvernementales les stages permettant le respect de la distanciation physique de 1m entre les participants peuvent reprendre.

À cette occasions deux stages d’armes dirigés par Cognard Hanshi vous sont proposés à Bourg-Argental.

Dates :

6/7 juin et 20/21 juin 2020

Horaires :

9:30 – 12:00 puis 15:30 – 18:00 le samedi
9:00 – 13:00 le dimanche

Tarifs :

120 euros pour participer aux 2 week-end

70 euros pour un week-end

45 euros la journée
Bien cordialement

Lettre de Cognard Hanshi – Juin 2020

Le covid ou la redéfinition des contours

Il n’est pas nécessaire d’être un grand expert en science médicale pour comprendre qu’une épidémie telle que celle qui a embrasé le monde dépend pour beaucoup de la promiscuité.

L’entassement des humains dans les espaces saturés des villes est une cause majeure de la propagation.

Chacun d’entre nous vit dans son corps, lequel véhicule son propre espace. Mais il est un espace très important du point de vue symbolique, du point de vue psychologique et du point de vue biologique, le virus nous l’a rappelé, c’est l’espace péricorporel.

Celui-ci porte à la fois de l’inconscient hérité des systèmes dont l’individu est issu et fait signe et sens en posant des frontières dont la proximité avec le corps diffère selon leur position par rapport à celui-ci, et aussi, en fonction de qui ou quel élément de l’altérité s’en approche ou la franchit.

Cet espace péricorporel est porteur d’une partie de la fonction identitaire du corps et le franchissement de certaines limites met en danger l’identité.

L’horrible promiscuité à laquelle sont exposées les personnes dans les transports urbains surchargés provoque des situations qui sont vécues intérieurement comme des effractions, même si l’individu peut opposer un raisonnement objectif par rapport à la situation. Vivre cela régulièrement, c’est vivre en danger constamment, d’autant que certaines distances sont ce que nous nommons des distances de mort dans le budo, c’est-à-dire des distances dans lesquelles il est quasiment impossible de défendre sa vie en cas d’agression. L’espace péricorporel est « gradué » et peut accueillir les autres, en fonction des liens existant entre soi et eux. Mais, il est un équilibre qui doit être maintenu. Trop d’autre dans l’espace proche est une menace qui active les réflexes défensifs agressifs d’où la violence en plein essor dans les cités monstrueuses de notre société. Cela est vrai aussi pour notre espace vital en général et la densité de certaines villes est insupportable et crée des souffrances de tous ordres.

 

Je pense donc que le virus a imposé une redéfinition des contours de l’espace péricorporel et réinstallé une frontière qui rétablit la fonction principale du dit espace.

Cela incite de nombreuses personnes à revoir leur cadre de vie, car, votre espace de vie, votre maison, les dimensions de vos lieux de travail, tout cela fait partie de votre espace péricorporel.

Tirons-en une leçon pour que ce maudit virus montre sa face cachée, moins hideuse que celle à laquelle on nous a déjà presque habitués. Redéfinissons nos frontières.

 

J’entends dire que des personnes ont été tellement terrorisées par le battage médiatique et le rabâchage politique de contradictions rendant toute défense rationnelle impossible, qu’elles n’osent plus sortir de leur confinement.

Pourtant, le covid n’est pas une rareté et des virus circulent librement et sans que l’on en ait connaissance. Peut-être entendrais-je là l’objection : on n’en parle pas parce qu’ils n’ont pas démontrer leur dangerosité. C’est vrai : qui a entendu parler du covid 19 avant décembre 2019. Pourtant il était déjà là. Il est temps de prendre conscience que le respect des distances est un élément de sécurité et, par conséquent, si les mesures principales sont appliquées, nous n’aurons jamais été aussi en sécurité dans les villes qu’à présent.

Cette question des distances ne concerne pas que les distances physiques. La familiarité qui a pris le pas sur toute autre forme d’échange sauf dans des circonstances très exceptionnelles, très solennelles ou très professionnelles, est tout aussi dangereuse pour la santé humaine. Quand la confusion des générations, celle du privé et du public, celle de la vraie famille et de l’étranger à celle-ci, gouverne, alors, c’est la différence entre moi et l’autre, le dernier rempart qui est aboli. Dans la promiscuité, plus de frontière symbolique : l’autre est devenu une menace permanente.

Pour comprendre à quel point cette menace touche certains individus, il suffit de voir les regards de terreur que des masques sans expression n’arrivent pas à cacher. La peur de l’autre est là, elle est devenue ce qui définit une norme comportementale et réintroduit la notion de distance. Dommage ! ce n’est pas la peur qui doit établir la distance, c’est le respect d’autrui manifesté par les limites que l’on se donne, que l’on donne à son propre espace pour ménager celui des autres.

Dommage d’y être forcé, car la peur fera reculer la frontière au-delà du possible et quand celle-ci ne pourra plus reculer, l’élimination de l’autre se profilera comme solution possible pour répondre à cette peur.

Vous, aikidoka n’avez pas peur d’autrui. Vous savez démontrer du respect et vous sentez quelle est la bonne distance dans toute situation. Alors, profitez de cette « crise crise crise », trois fois crise signifie opportunité, pour vérifier chacune de vos distances et mesurer le respect que vous exprimez.

Et profitez-en aussi, si vous vivez des conditions de promiscuité, pour vous redéployer.

Alors, si nous faisions un travail de redéfinition des contours de la posture.

 

Programme d’aikishintaiso pour déconfiner dans l’allégresse.

 

Faire le kihon debout, le misogi et les cercles de bras.

Puis une marche latérale en kiba dachi pendant cinq minutes, une marche en archer pendant cinq minutes et une marche du cadeau à l’Empereur sur une spirale concentrique et excentrique 5 mn.

 

Pour ceux qui sont mordus de ken, couper les quatre directions puis les huit puis les quatre puis les huit, ainsi pendant le temps qu’il vous plaira mais avec une forte détermination.

Profitez-en pour couper les barreaux de la cage.

 

Aikishintaiso programme 3 – se consolider

A présent, il faut se consolider.

Voir la version en ligne

Notre pensée et donc notre vouloir se fondent dans un terreau, une couche qui fait la jonction entre le corps et le cœur.

Le cœur, kokoro, est intimement lié au souffle. Le corps, Mi, respire et plus il respire, plus l’énergie est là, disponible. Plus l’énergie est disponible, plus le « je » est solide.

Alors,

Travaillez l’enchaînement des cinq postures KD, RZ, 8, Bougie, H dans l’U. Enchaînez les postures sans arrêt pendant dix minutes.

Ensuite, prenez-les une à une et faites dix respirations profondes avec mouvement des bras sur chaque.

Enfin, enchaînez-les à nouveau en faisant cinq respirations sur chaque posture.

 

Si vous ne connaissez pas les mouvements de bras adaptés à chaque posture, adressez-vous à un enseignant connu.

 

Après quoi, faites pendant cinq minutes, en KD, les respirations préconisées pour renforcer le corps (tigre, ours).

Là aussi, si vous ne savez pas, il y a des professeurs qui l’ont utilisé pour se préparer à chuter sans modération sur parquet. Adressez-vous à eux.

 

Bien évidemment, le fait que vous deviez vous adresser à d’autres personnes a aussi pour but de resserrer les liens et renforcer la cohésion de l’école. Alors, n’hésitez pas à solliciter et n’hésitez pas à répondre si vous êtes sollicités.

 

Cognard Hanshi

Lettre de Cognard Hanshi – 21/03/2020

Académie Autonome d’Aikido Kobayashi Hirokazu
Chers professeurs, chers élèves,


Nous pouvons céder à la morosité ambiante, à la paranoïa galopante, à la claustrophobie, ou pire, au déni. La peur ne protège de rien. Ce n’est pas elle qui doit être le moteur de la prudence. L’imprudence est toujours une démonstration de faiblesse intérieure. Protégez-vous, ne négligez aucune action qui peut éloigner le risque de contamination pour vous et les autres. Faites-en le choix déterminé comme vous décidez de donner une réponse technique à une situation violente, en évitant de réagir pour garder la maitrise de la relation. Ce virus attaque nos poumons mais ne relayons pas ce mal jusqu’au plus profond de nous-mêmes. C’est ce que produit la peur. Elle nous ôte l’accès à la réalité et nous met en danger car, sous son emprise, nous luttons contre un adversaire contrefait qui cache celui qui nous attaque vraiment. Alors, agissons sereinement et efficacement, comme des budoka qui ne négligent aucune action efficace et ne font rien d’inutile. Sous le coup de la peur, se laver les mains peut paraître désuet, et pourtant, n’est-ce pas un geste dont vous connaissez l’efficacité quand vous vous rendez au temizuya ?
Il ne faut pas laisser ce virus polluer votre corps mais ne le laissez pas non plus polluer votre esprit.
 
Ce matin, des amis m’écrivaient pour prendre de mes nouvelles et me donner des leurs. En leur répondant, je songeais que cela pourrait être chacun d’entre vous. Finalement, fort de ce constat, j’ai décidé de vous adresser la réponse que je leur ai faite, pour vous donner de mes nouvelles et vous demander des vôtres. J’ai juste modifié le temps de la première phrase.   

« Je serais heureux d’avoir de vos nouvelles et de vous savoir ensemble.
Le bonheur d’être deux n’a pas besoin de grand-chose, tant que les bras s’ouvrent aux bras et que les mots s’entrelacent.
Nous sommes tous quatre à la maison, heureux de nous retrouver ainsi.
Chacun était un peu prisonnier au-dehors, retenu par ses obligations.
Nous voici libres dedans, plus proches que nous n’aurions pu l’espérer.
Nous respectons les consignes. Tous les voyages sont annulés mise à part celui que je reprends avec l’écriture. Depuis quatre jours, j’étais bloqué sur la description des profondeurs de la conscience. Comment décrire une unité conscientielle dont la complexité est équivalente à celle du monde ?
Ce matin, je me suis réveillé et la réponse m’a assailli. Bénie-soit la conscience qui se loge dans les alvéoles de nos tissus, dans les replis de nos chairs, dans le souffle rendu de nos ancêtres disparus, dans les paroles des animaux et des plantes, dans la plainte des rivières et des vents.
Ce confinement me donne le temps d’entendre les murmures d’outre-moi comme il nous montre à quel point ceux qui comptent vraiment sont là, tout près, à portée de cœur.
Il ne me manque que de vous revoir et pour cette raison-là, je lorgne du côté d’un horizon qui ne manquera pas de s’ouvrir, de s’élargir.
Nous n’avons jamais été aussi près de la fin de ce confinement et aussi « rapprochés » de l’essentiel : le sujet est la règle universelle.
Je prépare déjà les flacons qui contiennent l’ivresse, celle que nous partagerons bientôt quand sa seigneurie “le virus” aura renoncé à conquérir ce qui ne peut l’être, quand il aura connu sa Bérézina devant les forces patientes du « je nourri à l’amour » quand il aura accompagné dans son extinction l’Attila des consciences, la peur. »

Je vous souhaite à tous de trouver en vous les forces nécessaires pour vivre cette traversée tempétueuse avec sérénité, lucidité et pour saisir cette opportunité de vous rapprocher encore de ceux qui comptent pour vous.
Restez ce que vous êtes, des budoka et rappelez-vous vos kihon : tout geste utile doit être assumé jusqu’au bout, tout mouvement inutile est mortel.

Cognard Hanshi